Une étude coordonnée par le Pr Alexandre Alanio (Université Paris Cité/Institut Pasteur/Hôpital Saint-Louis, AP-HP) met en évidence l’intérêt d’un test de détection génétique (PCR) pour améliorer le diagnostic et le suivi de l’aspergillose invasive, une infection fongique grave. Ces résultats, publiés le 28 mars 2026 dans Clinical Microbiology and Infection, ouvrent la voie à un outil plus fiable pour la prise en charge des patientes et patients.
Aspergillus fumigatus
© Antonio e Biagio e Cesare Arrigo
Le diagnostic de l’aspergillose invasive, infection fongique grave causée par le champignon Aspergillus, est complexe et ne peut pas reposer sur un seul test, mais sur plusieurs indices (critères liés au patient, à ses signes cliniques et radiologiques et mise en évidence du champignon). Cette étude visant à développer un test de détection génétique (PCR) de cette infection a été réalisée auprès de 120 patients et sur 223 échantillons de plasma humain.
Récemment, des experts internationaux ont recommandé d’utiliser la détection d’ADN d’Aspergillus par PCR comme critère supplémentaire dans le diagnostic de l’aspergillose invasive, grâce aux progrès dans la PCR quantitative en temps réel, qui permet de mesurer précisément la quantité de matériel génétique du champignon. Concrètement, le test PCR détecte les fragments d’ADN et/ou d’ARN d’Aspergillus dans le sang ou un autre échantillon. Plus il y en a, plus cela indique que l’infection est active ou étendue. Cette mesure permet donc non seulement de confirmer la présence du champignon, mais aussi de suivre l’évolution de l’infection chez le patient.
Cette étude a été réalisée sur 120 patients répartis en trois groupes et 223 échantillons de plasma. La sensibilité clinique était de 0,91 et la spécificité clinique de 1,00. Elle a testé un nouveau type de PCR en temps réel, optimisé pour détecter les acides nucléiques totaux (ADN et ARN) provenant des principales espèces d’Aspergillus responsables d’infection chez l’homme. Le suivi des patients PCR-positifs avec ce test a montré une efficacité supérieure aux tests de référence habituellement utilisés (75 % vs. 46,2 % pour le test de référence au diagnostic). De plus, il a permis de détecter trois patients sur les 30 patients infectés par des espèces d’Aspergillus autres que fumigatus (qui est l’espèce la plus fréquente du genre Aspergillus chez l’homme et responsable de la majorité des infections) et qui n’étaient pas détectés par le test de référence.
Ces résultats suggèrent que ce nouveau test pourrait devenir un outil plus fiable et performant pour le diagnostic et le suivi des patients atteints d’aspergillose invasive. Il sera prochainement intégré en routine dans le laboratoire de parasitologie-mycologie de l’hôpital Saint-Louis AP-HP.
Cette étude a été coordonnée par le Pr Alexandre Alanio, de l’Université Paris Cité, responsable adjoint du Centre national de référence des Mycoses invasives et antifongiques (CNRMA), du groupe de recherche Mycologie translationnelle à l’Institut Pasteur et chef de service du laboratoire de parasitologie-mycologie de l’hôpital Saint-Louis AP-HP.
Référence
Clinical validation of a new multi-Aspergillus species reverse transcriptase quantitative PCR: a diagnostic case-control study.
Marion Benazra, Wicem Mallek, Théo Ghelfenstein-Ferreira, Aude Sturny-Leclère, Sarah Dellière, Samia Hamane, Olivier Lortholary, Fanny Lanternier et Alexandre Alanio.
Clinical Microbiology and Infection, 2026 | DOI : 10.1016/j.cmi.2026.03.023.
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