Louise Goh, doctorante en neurosciences et développement du cerveau à l’école de médecine Yong Loo Lin de l’Université nationale de Singapour, est lauréate de la bourse de mobilité doctorale Paris-NUS. Elle effectue actuellement des recherches à Université Paris Cité. Découvrez son parcours, ses motivations et ses recherches.
Université Paris Cité et la National University of Singapore (NUS) lancent un nouveau appel à projets de recherche et de mobilité doctorale.
Cet appel s’inscrit dans la continuité d’un partenariat lancé en 2014 par Sorbonne Paris Cité et la National University of Singapore (NUS).
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Un moment décisif
Louise Goh a développé un intérêt initial pour les neurosciences après avoir passé quelques mois à l’université de Lund, en Suède, pendant ses études de premier cycle. À son retour à Singapour, elle apprend que sa grand-mère, dont elle était très proche, était atteinte de démence. En la voyant perdre ses souvenirs et en sachant qu’elle ne pouvait pas faire grand-chose pour son améliorer sa situation, elle s’est sentie impuissante. C’est à ce moment qu’elle décide faire de la recherche en neurosciences afin de contribuer aux connaissances dans ce domaine.
Le directeur de thèse de Louise, le Dr Jai Santosh Polepalli, lui transmets les informations du programme Paris-NUS et l’encourage à se porter candidate. Elle décide de postuler car la recherche française en neurosciences est reconnue internationalement pour son excellence. Le programme offrait une opportunité unique de travailler aux côtés de certains des meilleurs scientifiques dans ce domaine et de gagner de l’expérience à leurs côtés.
Pouvez-vous nous en dire plus sur vos recherches ?
Mes recherches visent à déterminer les contributions des molécules d’adhésion cellulaire synaptique (CAMs) dans les processus synaptiques de diverses régions du cerveau impliquées dans l’apprentissage et la mémoire. Les CAMs synaptiques sont une classe diverse de molécules connues pour faciliter les processus de signalisation trans-synaptiques. Elles jouent un rôle clé dans la médiation de l’organisation et de la spécification des synapses, de leur maintien et de leur plasticité. C’est la première fois dans ma carrière scientifique que je mène des recherches à l’étranger et en France. L’environnement s’est avéré agréable et collaboratif !
Relever les défis de la société
Selon Louise, il reste encore beaucoup à apprendre sur ce système énigmatique – le cerveau et son fonctionnement – malgré les progrès croissants de la science et de la technologie et au fil des décennies. Les recherches de Louise visent à mieux comprendre le fonctionnement du cerveau à son niveau de calcul le plus élémentaire – la synapse. En connaissant mieux les rôles, les fonctions et le recrutement des différentes classes et sous-types de protéines au niveau de la synapse, il sera possible de mieux comprendre les circuits sous-jacents et les modèles de comportement dans un état cognitif normal et dans les maladies neurodégénératives et neuropsychiatriques. En définitive, cela ouvrirait la voie à la création de meilleures interventions pour les pathologies existantes.
Selon vous, comment le programme Paris-NUS favorise-t-il l’internationalisation des universités ?
Je pense ce programme entre la France et Singapour offre une plateforme permettant aux étudiants et aux chercheurs des deux pays de se rencontrer et d’échanger des idées, dans le but commun de faire progresser la science. J’ai eu la chance de travailler en personne avec le Dr Cyril Hanus à l’Institut de Psychiatrie et Neurosciences de Paris (IPNP), qui est spécialisé dans la biogenèse et la dynamique des protéines dendritiques. Cette collaboration me permet de mener des expériences pour examiner les effets de la glycosylation dans la spécification des synapses, sous la direction d’un scientifique expérimenté qui connaît bien le domaine de la biologie structurale et de la dynamique des protéines. Cela complète mes travaux actuels en biologie synaptique et m’aide à aborder mes recherches sous des angles que je n’avais pas encore envisagés.
Encourager d’autres doctorants à partir
Pour Louise, le fait d’être à Paris et de travailler dans l’un de ses instituts de recherche a été une expérience révélatrice : « On est vraiment immergé dans la culture et le mode de vie des gens ici, ainsi que dans leurs pratiques professionnelles. Cela nous permet de mieux apprécier la diversité humaine – chacun a ses propres expériences de vie et une histoire unique à raconter », déclare Louise.
Elle ajoute : « Je crois sincèrement que l’exposition internationale est vitale pour tous ceux qui entreprennent des recherches. Elle élargit votre esprit et vous permet de rencontrer des personnes partageant les mêmes idées afin de créer des liens et d’échanger des idées. Il s’agit d’une opportunité formidable que les doctorants devraient saisir, et pour les prochains bénéficiaires de la bourse : sortez de votre zone de confort, forgez de nouvelles amitiés et profitez au maximum de votre séjour dans le monde !
Louise Goh espère pouvoir poursuivre ses recherches universitaires grâce à une bourse postdoctorale, et idéalement travailler sur les maladies neurodégénératives.
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