À l’occasion de la Journée mondiale de la Terre, célébrée le 22 avril, l’Université Paris Cité se mobilise pour rappeler l’importance de mieux comprendre et protéger notre planète. Entre avancées scientifiques et conférences ouvertes à toutes et tous, cette journée est l’occasion de croiser les regards pour éclairer les grands enjeux environnementaux contemporains.

Éruption du Piton de la Fournaise ayant débuté le 18 janvier 2026, observée par l’OVPF-IPGP

© OVPF-IPGP

Comprendre les enjeux climatiques et se former

L’Université Paris Cité, au travers son alliance Circle U., développe plusieurs événements tout au long de l’année pour sensibiliser et former aux enjeux climatiques. A l’occasion de la journée de la Terre, l’alliance européenne propose le 22 avril une série de conférences dédiées aux grands enjeux climatiques. Réchauffement et catastrophes naturelles, liens entre climat et santé, ou encore questions liées à l’eau et à l’énergie : cette journée permet d’explorer des thématiques clés et d’en mieux comprendre les impacts.

Et parce que, malgré le changement climatique, la Terre continue de nous nourrir, une visite du jardin botanique est également proposée afin de découvrir concrètement la richesse et la diversité du vivant.

 

Diverses conférences en ligne

Pour en apprendre davantage sur l’interdépendance entre le changement climatique et les écosystèmes.

Une visite guidée du Jardin botanique de la Faculté de Pharmacie

Inscrivez-vous pour découvrir le jardin et participer à un atelier de reconnaissance de plantes !

 

La recherche au cœur des enjeux

À l’Institut de physique du Globe de Paris, ces enjeux ne relèvent pas d’un temps fort ponctuel : ils structurent, au quotidien, les recherches menées par ses équipes, de l’observation des volcans actifs aux cycles géochimiques, jusqu’aux origines profondes de la Terre. Autant de travaux qui participent directement à une compréhension globale du système Terre, indispensable pour appréhender les défis contemporains.

Observer une planète en mouvement : l’exemple du Piton de la Fournaise

L’éruption du Piton de la Fournaise s’inscrit dans une séquence particulièrement marquante débutée en janvier 2026, avec une première crise sismique enregistrée le 18 janvier par les réseaux de l’OVPF-IPGP. Une nouvelle phase éruptive majeure s’ouvre ensuite le 13 février 2026, avec l’apparition de fissures et l’émission de coulées de lave sur les flancs du volcan .

Depuis, l’activité mobilise en continu les équipes de l’observatoire, déployées sur le terrain pour suivre l’évolution des coulées, effectuer des prélèvements et documenter les processus en cours. Après plusieurs semaines de progression, la lave atteint l’océan dans la nuit du 15 au 16 mars, un événement qui ne s’était plus produit depuis près de vingt ans . Ce contact spectaculaire entre le magma et l’eau de mer génère d’importants panaches de vapeur et conduit à la formation de nouvelles surfaces littorales, véritables « deltas de lave », parfois décrites comme les plages les plus jeunes du monde.

Dans le même temps, certaines coulées ont traversé des infrastructures, notamment la route nationale, témoignant de la puissance et de la dynamique de l’éruption. Par son intensité, sa durée et l’extension de ses coulées jusqu’à l’océan, cet épisode constitue un terrain d’observation exceptionnel pour les volcanologues et un marqueur fort de l’activité actuelle de ce volcan parmi les plus actifs de la planète.

Au-delà du cas réunionnais, ces travaux s’inscrivent dans une réflexion plus large sur la prévision volcanique et la résilience des territoires exposés.

Comprendre les cycles invisibles : les isotopes du lithium en Guadeloupe

Si les volcans offrent une expression visible de l’activité terrestre, d’autres processus, plus discrets, jouent un rôle tout aussi déterminant. C’est le cas de l’érosion chimique, qui régule à long terme la composition de l’atmosphère et des océans.

En Guadeloupe, une équipe de l’IPGP a étudié la composition isotopique du lithium (δ⁷Li) dans les eaux de rivières drainant les formations volcaniques de Basse-Terre. Ces travaux, menés dans le cadre de l’observatoire ObsERA, montrent que les signatures isotopiques varient fortement en fonction des processus d’altération des roches et des interactions avec les systèmes hydrothermaux.

Publiée dans la revue Geochimica et Cosmochimica Acta, cette étude met en évidence le rôle des environnements volcaniques tropicaux comme laboratoires naturels pour comprendre les liens entre altération chimique, climat et cycles biogéochimiques globaux.

Ces résultats ouvrent des perspectives importantes pour reconstituer les climats passés à partir des archives sédimentaires marines et mieux anticiper les évolutions futures du cycle du carbone.

Fabriquer la croûte terrestre : le rôle clé des sills magmatiques

Au large du Pacifique oriental, l’étude du volcan sous-marin Axial Seamount renouvelle notre compréhension de la formation de la croûte océanique.

Grâce à des données géophysiques et géochimiques de haute résolution, une équipe de l’IPGP a mis en évidence que la construction du plancher océanique ne repose pas uniquement sur des épanchements de lave en surface, mais aussi sur des injections répétées de magma en profondeur, sous forme de « sills », qui s’accumulent au sein de l’édifice volcanique.

Ces résultats, publiés dans la revue Nature Communications, apportent un éclairage fondamental sur les mécanismes de création de la croûte terrestre, un processus clé dans la dynamique globale de la planète et dans les échanges chimiques entre manteau, océans et atmosphère.

Aux origines de la Terre : revisiter la question des éléments volatils

Plus profondément encore, des travaux récents menés par des équipes de l’IPGP remettent en question une hypothèse longtemps dominante : celle d’un apport tardif des éléments volatils — dont l’eau — par des météorites après la formation de la Terre.

En analysant la composition isotopique de matériaux analogues au manteau terrestre, les chercheurs montrent que ces éléments auraient été en grande partie incorporés dès la formation du noyau, il y a plus de 4,5 milliards d’années.

Publiée dans Science Advances, cette étude propose un changement de paradigme majeur dans notre compréhension de l’évolution précoce de la Terre et de l’émergence des conditions propices à la vie.

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