Des fragments de l’astéroïde Ryugu, rapportés sur Terre en décembre 2020 par la mission japonaise Hayabusa2, vont être analysés dans l’équipe de cosmochimie de l’IPGP. Ces mesures de pointe vont permettre d’obtenir les premières caractéristiques chimiques et isotopiques de ces échantillons témoins de la formation de notre système solaire.
Le 5 décembre 2020, une capsule de la mission spatiale japonaise Hayabusa2 atterrissait dans le désert australien, ramenant avec elle 5 grammes d’échantillons prélevés sur l’astéroïde Ryugu.
Cet astéroïde carboné, vieux de 4,6 milliards d’années, n’a que peu évolué depuis la formation du système solaire et les échantillons prélevés sont les meilleurs témoins de cette période et représentent une rare fenêtre ouverte sur l’origine de la matière ayant formée la Terre.
Avant d’être mis à la disposition de la communauté scientifique, via des appels à projet, des études préliminaires de ces quelques grammes d’astéroïdes sont menées par un panel d’experts internationaux, dont fait partie Frédéric Moynier, professeur d’Université Paris Cité et cosmochimiste à l’IPGP, responsable de la caractérisation chimique et isotopique de ces échantillons.
De telles analyses de hautes précisions sont destructives et nécessitent plusieurs dizaines de milligrammes du matériel qui ont été confiés par l’agence spatiale japonaise (JAXA) à quelques laboratoires de confiance à travers le monde.
L’équipe du laboratoire de cosmochimie de l’IPGP, experte dans l’analyse isotopique de la matière extra-terrestre et qui peut s’appuyer sur un nouveau spectromètre de masse de pointe acquis en partenariat avec le domaine d’intérêt majeur (DIM) d’astrophysique de la région Île-de-France en 2021, et sur le soutient du CNES, du CNRSet de l’ERC, va ainsi réaliser les premières mesures de composition isotopique de nombreux éléments chimiques et notamment le calcium, le potassium et le zinc de ces échantillons de Ryugu.
Ces mesures, menées en collaboration avec Marine Paquet et Yan Hu, chercheuses post-doctorales et Wei Dai, doctorant, au cours des prochaines semaines dans les salles blanches de l’IPGP, vont permettre de situer Ryugu par rapport aux autres échantillons extraterrestres connus (météorites, fragments lunaires…) et de reconstruire l’histoire géologique de l’astéroïde et plus largement de notre système solaire.
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