Depuis son arrivée d’Amérique au XVIe siècle, le chocolat a conquis la planète et les papilles. Son succès fut fulgurant et le plaisir qu’il procure est quasi unanime. Le chocolat émerge ici et là dans les recoins des collections patrimoniales médicales et scientifiques du XVIe siècle jusqu’à aujourd’hui, et nombre de traités et d’herbiers le mettent à l’honneur comme les fonds des BIU Santé Médecine et Pharmacie en témoignent.

Publié le 3 avril 2026

© Chocolat du planteur : musée Dupuytren, nouvelle école de médecine – BIU Santé Médecine, Université Paris Cité. 

À l’occasion des fêtes de Pâques, les bibliothèques et musées de l’Université Paris Cité mettent à l’honneur le chocolat à travers Numerabilis, nouvelle bibliothèque numérique patrimoniale. Une courte plongée dans des collections riches et variées, entre histoire, savoirs et plaisirs chocolatés.

On associe volontiers le cacao au chocolat et aux gourmandises de Pâques… Mais des illustrations anciennes conservées par la BIU Santé Pharmacie révèlent des usages plus originaux de cette plante, témoignant des emplois du cacao comme composant de médicaments et de produits cosmétiques.
 
Ainsi, au XVIIIe siècle, le cacao était étudié par les botanistes, médecins et pharmaciens qui s’intéressaient à ses propriétés médicinales : une planche botanique datant de 1764, tirée d’un ouvrage illustrant la Matière médicale de l’apothicaire et médecin Étienne-Claude Geoffroy, le représente aux côtés d’autres végétaux d’usage thérapeutique. L’ouvrage promeut les vertus du chocolat « nourrissant et fortifiant ».
 
Au XIXe siècle, le cacao, qui se diffuse plus largement, est apprécié pour des usages pharmaceutiques, en tant qu’excipient, et cosmétiques. Ainsi, le beurre de cacao, reconnu pour ses propriétés émollientes, s’invite dans les soins du corps, par exemple dans la composition des savons au beurre de cacao produits par la parfumerie Guelaud, installée rue de la Grande Truanderie dans les années 1840-1850. Plus étonnant, vers 1890, le pharmacien parisien Lebeault commercialise son « Vin de Bugeaud », un tonique associant cacao, quinquina et vin, vendu comme reconstituant nutritif ! Dans ce cas, le goût du cacao permettait surtout de tempérer la forte amertume du quinquina.

Planche 83bis. Cacao

Au sein des multiples débats ayant occupé les médecins au cours de l’histoire, l’utilisation du chocolat comme ingrédient thérapeutique et de ses réputés bienfaits sur la santé ont été des sujets régulièrement discutés depuis son introduction en Europe à l’époque moderne.

Posture d’un homme faisant la paste de chocolat

Pour De Blégny en 1687, le chocolat contenant du sirop de vanille est une autre version du chocolat médicinal qui permet de lutter contre la toux.

Planche 373. Cacao caeavate

Côté botanique, des herbiers scientifiques conservés parmi les collections précieuses de la BIU Santé Médecine représentent avec un grand savoir-faire artistique et avec précision la fève de cacao. L’herbier d’Elizabeth Blackwell, A curious herbal: containing five hundred cuts, of the most useful plants, which are now used in the practice of physick, est un trésor de l’illustration scientifique et botanique du XVIIIe siècle.
 

Cartes publicitaires à collectionner représentant Bichat et le musée Dupuytren

Preuve de leur importante diversité, les collections de la bibliothèque contiennent même des publicités du XXe siècle promouvant des marques de chocolat et mettant à l’honneur des noms importants de la médecine parisienne ou des bâtiments de la Faculté.

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