Jusqu’au 26 juin 2026, les bibliothèques de l’Université Paris Cité consacrent deux expositions aux premières femmes médecins et avocats et à leurs combats au XIXe siècle pour accéder à des métiers traditionnellement réservés aux hommes. À travers ces expositions élaborées à partir de ses archives, l’Université Paris Cité rend hommage à ces étudiantes hors normes, et réaffirme son engagement en faveur de la lutte pour les droits des femmes comme pour l’égalité femmes-hommes.

© Dessin de Paul Destez, « Melle Schultze soutenant sa thèse de doctorat à l’école de médecine », L’Univers illustré, 22 décembre 1888 | Numerabilis – BIU Santé Médecine – Université Paris Cité

Les premières femmes médecins et avocats : des figures d’exemplarité

L’exposition « Place aux femmes ! Les premières femmes médecins », présentée à la bibliothèque universitaire des Grands Moulins, et l’exposition « Place aux femmes ! Les premières femmes avocats », qui se tiendra à la bibliothèque universitaire Jeanne-Chauvin, reviennent simultanément sur ce qui a fait de ces pionnières des figures d’exemplarité. Au tournant du XXe siècle, alors que les femmes revendiquent l’accès à des professions jusque-là réservées aux hommes, des métiers manuels aux carrières intellectuelles, les premières femmes médecins et avocats s’imposent comme des références dans cette lutte pour l’égalité femmes-hommes.

En effet, l’accès à ces professions cristallise des résistances fortes à l’époque : intégrer des milieux fermés, régis par des us et coutumes masculins, et accéder à des fonctions jusque-là réservées aux hommes suscite de vives oppositions. Nourries par la prétendue impossibilité du genre féminin à accomplir des tâches jugées « viriles », ces stéréotypes sont largement relayés dans la presse, les romans et les caricatures.Qui sont ces femmes courageuses qui, dans un tel contexte, sont parvenues à accéder aux études, à être acceptées par leurs pairs et à être reconnues par leurs patientes et patients ? Comment ces femmes ont-elles vécu ces multiples obstacles rencontrés jusqu’à la Première Guerre mondiale ? Les portraits de Jeanne Chauvin, Augusta Klumpke ou encore Alice Sollier permettent de mieux appréhender les spécificités de leurs parcours qui forcent l’admiration.

Une mise en lumière ancrée dans l’actualité

Les premières femmes médecins et avocats n’ont pas échappé à l’invisibilisation des femmes dans l’écriture de l’histoire. Depuis quelques années, historiennes et historiens, médecins et juristes travaillent à les faire (re)connaître individuellement et collectivement, comme en témoignent de nombreuses publications et manifestations scientifiques et culturelles.

Du côté des femmes avocats, l’année 2026 est celle du centenaire de la mort de Jeanne Chauvin, première Française à soutenir un doctorat en droit et à plaider, dont le nom a été donné à la bibliothèque Droit, économie et gestion de l’Université Paris Cité.

L’actualité autour des femmes médecins est également particulièrement riche. Parmi les 72 noms de femmes de science qui orneront prochainement la Tour Eiffel, on compte 7 femmes médecins, dont 5 sont évoquées dans l’exposition. Par ailleurs, plusieurs universités ont engagé des initiatives visant à valoriser les femmes médecins, dont l’Université Paris Cité qui a organisé, en mars 2026, une consultation visant à renommer trois grands amphithéâtres. Pour la faculté de Santé, les noms proposés ont été ceux de Madeleine Brès, dont le portrait figure dans l’exposition, ainsi que Suzanne Noël et Marianne Grunberg-Manago.

 

Commissariat général : Agnès Sandras

 

Informations pratiques :

Exposition « Place aux femmes ! Les premières femmes médecins »

BU Grands Moulins – 5 rue Thomas Mann, 75013 Paris

Exposition ouverte du 3 avril au 26 juin 2026 inclus

Fermeture les 1er, 8, 14 et 25 mai 2026

 

Exposition « Place aux femmes ! Les premières femmes avocats »

BU Jeanne-Chauvin – 10 avenue Pierre Larousse, 92240 Malakoff

Exposition ouverte du 7 avril au 26 juin 2026 inclus

Fermeture du 27 avril au 3 mai inclus, ainsi que les 8, 14 et 25 mai 2026

Contact presse : presse@u-paris.fr

À lire aussi